Skyrock.com
  • ACCUEIL
  • BLOG
  • PROFIL
  • CHAT
  • Musique
  • Sources
  • Vidéos
  • Waka
  • Groupes
  • Cadeaux
  • Facebook
  • Connecte-toi
  • Crée ton blog

  • Blog
  • Profil

Blog de ff31

Photo de ff31

ff31

Description :

La résistance non-violente provoque chez l'adversaire, successivement : l'indifférence, la raillerie, les injures, la répression et l'estime.
Tout mouvement qui survit à la répression, modérée ou cruelle, commande invariablement le respect, ce qui est synonyme de succès.
Si nous sommes fidèles, cette répression peut être considérée comme le signe précurseur de la victoire.

Gandhi

  • Envoyer un message
  • Offrir un cadeau
  • Ajouter à mes amis
  • Bloquer
  • Devenir fan
  • Choisir cet habillage

Ses Honneurs (1)

  • Anniv' 2 ans

» Suite

Son profil

Profil de ff31
ff3145 ans
Toulouse (31)
France

RSS

Signaler un abus

Infos

  • Création : 11/12/2008 à 13:38
  • Mise à jour : 08/02/2010 à 12:24
  • 448 visites
  • 1 visite ce mois
  • 23 articles
  • 33 commentaires
  • 6 amis
  • 2 favoris

Ses archives (23)

  • APPEL AU NO SARKOZY DAY - 27 mars 2010
    No Sarkozy Day - Appel au peuple - Inconsé...
  • Pour un service social de résistance
    Y en a marre ! Marre d'un service aux...
  • Manifeste pour la métamorphose du monde
    Pour un alter-mondialisme politique...ici et ...
  • Appel à la constitution de services...
    Communiqué du Comité de Résistance du Social ...

» Suite

Fan de (2)

  • EnsemblePourUnAutreMondeEnsemblePourUnAutreMonde
    27 ans
    Rodez - Aveyron (12)
    France France

» Suite

Ses amis (6)

  • enCoranvyenCoranvy
    27 ans
    St nazaire - Loire-Atlantique (44)
    France France
  • QuoStatQuoStat
    25 ans
    Paris - Paris (75)
    France France
  • SarkoScandaleSarkoScandale
  • tine-love66tine-love66
    19 ans
    Perpignan - Pyrénées-Orientales (66)
    France France
  • wrrwrr
    22 ans
    Sablé - Sarthe (72)
    France France
  • EnsemblePourUnAutreMondeEnsemblePourUnAutreMonde
    27 ans
    Rodez - Aveyron (12)
    France France

Liens Skyrock Publicité

Design by lequipe-skyrock Choisir cet habillage

Un appel de résistants


auquel il est temps de répondre : Pour signer, c'est ici.

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et s½urs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succèderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l'éducation pour tous, une presse délivrée de l'argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :
« Créer, c'est résister. Résister, c'est créer ».

Signataires :

Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

- Voir la version vidéo sur le site alternatives-images.net (des images tournées, précise-t-on sur le site, « en réaction au refus de la publication de ce texte par les médias dominants »).
http://www.alternatives-images.net/


Il est temps d'y répondre : Pour signer et construire ensemble une résistance créatrice d'une alternative, c'est ici.
​ 0 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le jeudi 11 décembre 2008 14:36

Modifié le lundi 08 février 2010 12:27

APPEL AU NO SARKOZY DAY - 27 mars 2010

No Sarkozy Day

- Appel au peuple -

Inconséquence politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte républicain, atteinte à l'égalité des chances, politique de la peur, stratégie de la division, lois liberticides, pratiques autocratiques du pouvoir, favoritisme, népotisme, manipulations médiatiques, ingérences judiciaires, collusion avec le monde des affaires et les forces de l'argent...

Nous avons tous nos raisons pour nous opposer à Sarkozy et à son clan, pour résister au sarkozysme. Mais ce président sans envergure, effrayé par le peuple, prend grand soin de le tenir à l'écart, muselant au besoin sa parole derrière des cordons de CRS.

Alors, ENSEMBLE, nous élèverons la voix plus haut, nous nous ferons entendre plus fort, unis dans la défense des valeurs de notre République :

Liberté – Egalité – Fraternité – Laïcité – Démocratie

Nous, simples citoyens, vigilants et inquiets, en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat, appelons toutes celles et tous ceux qui ressentent l'envie, le besoin de dire NON ! à Nicolas Sarkozy, à se rassembler pour un No Sarkozy Day.

Le 27 mars 2010 : une journée pour lui dire NON !

Des rassemblements seront organisées partout en France, à partir de 14 Heures devant les préfectures et les sous-préfectures, à Paris place de la Bastille, et dans le monde entier devant les ambassades de France.

A l'issue de cette journée de mobilisation, se tiendront partout des réunions ouvertes, où nous pourrons ensemble, démocratiquement, décider de la suite à donner à ce mouvement de contestation populaire du sarkozysme, contestation que nous espérons aussi large que possible.

*****

Nous appelons l'ensemble des blogueurs à diffuser cet appel sur leurs blogs et à nous en informer via un message adressé à blogs@no-sarkozy-day.fr (voir la liste de tous les blogs signataires - ils sont 120 à ce jour...)

Nous appelons l'ensemble des citoyens à signer et faire signer cet appel – déjà près de 1 500....


​ 0 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le lundi 08 février 2010 12:17

Pour un service social de résistance

Y en a marre !


Marre d'un service aux ordres d'un pouvoir sécuritaire.


Marre d'un service social tout juste bon à gérer et à organiser la misère et la précarité pour le profit des plus puissants, alors qu'il y a tant de choses à faire.


Travailleurs soucieux, usagers du service public, citoyens, que tu sois aidant ou aidé, chômeur, précaire, salarié, fonctionnaire...des alternatives sont possibles.


Un collectif d'entraidés s'organise.

Un comité de vigilance multipartenarial se construit.


Un service social de résistance se constitue sur Toulouse pour venir en aide aux acteurs de l'action sanitaire et sociale dans leur fonction d'accompagnemanet et d'émancipation des individus et des groupes.


Pour retrouver nos droits respectifs, nous entraider, et contribuer à ce que la solidarité devienne un des vecteurs de développement d'un nouveau projet de société, apporte ta contribution à cette initiative qui rassemble des usagers du service social, des professionnels de plusieurs départements de la région grand sud et des citoyens...


Rejoins la résistance

Pour en savoir un peu plus, contactes nous au :

cnr31@conseilnationaldelaresistance.fr
​ 0 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le jeudi 28 mai 2009 14:47

Manifeste pour la métamorphose du monde

Pour un alter-mondialisme politique...ici et maintenant...

Le philosophe Edgar Morin, le politologue Pierre Monod et l'artiste
Paskua lancent un « Manifeste pour la métamorphose du monde ».


Ils y proposent sept réformes fondatrices : réformes politiques, économiques,
sociales, de la pensée, de l'éducation, des modes de vie et de la
morale. Les trois auteurs préfèrent s'adresser aux artistes du monde
entier qu'aux dirigeants du G20.

« Il y a des raisons d'espérer », écrivent-ils. « Les grands mouvements de transformation commencent toujours de façon marginale, déviante, modeste, voire invisible. (...)

Aujourd'hui l'alter-mondialisme devient un terme à prendre à la lettre :
l'aspiration à un autre monde. Elle se manifeste par des myriades de
pensées, d'initiatives, d'actions multiples dispersées dans la société
civile et qui sont ignorées par les structures politiques et
administratives sclérosées. »

Nous sommes les témoins et les acteurs de la crise du monde qui affecte
toutes les sphères. Une analyse systémique montre qu'elle est le
résultat de l'enchevêtrement de multiples composants, des relations et
rétroactions innombrables qui se tissent entre des processus extrêmement
divers ayant pour sièges les systèmes économiques, sociaux,
démographiques, politiques, idéologiques, religieux, l'éthique, la
pensée, le mode de vie, l'écosystème, tous en crise.

Le vaisseau spatial terre n'a pas de pilote. Ses quatre moteurs, la
science, la technique, l'économie, le profit, sont, chacun incontrôlé.
En l'absence d'une gouvernance mondiale, le vaisseau va vers la
catastrophe. C'est l'hypothèse la plus probable.

L'improbable, c'est la capacité d'une guidance en temps utile pour
suivre un autre itinéraire permettant de traiter les problèmes vitaux
pour l'humanité, en premier lieu la dégradation de la biosphère sans
oublier les menaces nucléaires qui ne sont pas disparues.
(...)
*Il y a des raisons d'espérer*

La crise financière et économique pousse actuellement nombre de
dirigeants et d'économistes réveillés de leur torpeur à « réformer le
capitalisme ». C'est une nécessité que certains considèrent encore comme
une contrainte conjoncturelle.

Mais il s'agit d'une crise systémique, beaucoup plus large et profonde, la crise planétaire multidimensionnelle. Et avec elle, est concerné l'ensemble des peuples.
C'est dans leur sein que vont s'éveiller des forces créatrices et une
volonté transformatrice. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, des
signes forts sont apparus.

Ainsi, de Seattle à Porto Alegre s'est manifestée une volonté de
répondre à la mondialisation techno-économique par le développement
d'autres formes de mondialisation, allant vers l'élaboration d'une
véritable « politique de l'humanité », qui devrait dépasser l'idée de
développement.

Nul ne peut faire l'impasse sur l'aspiration multimillénaire de
l'humanité à l'harmonie, qu'elle prenne la forme du paradis, des
utopies, des idéologies libertaire, socialiste, communiste, puis des
révoltes juvéniles des années 60 (Peace-Love). Cette aspiration n'a pas
disparu. Elle se manifeste par des myriades de pensées, d'initiatives,
d'actions multiples dispersées dans la société civile et qui sont
ignorées par les structures politiques et administratives sclérosées.

Les grands mouvements de transformation commencent toujours de façon
marginale, déviante, modeste, voire invisible. Il en a été ainsi des
religions, de Bouddha, Jésus, Mahomet, du capitalisme, de la science
moderne, du socialisme.

Aujourd'hui l'alter-mondialisme devient un terme à prendre à la lettre : l'aspiration à un autre monde.

Des centaines de propositions ont vu le jour, cela ne suffit pas à en
faire un projet sociétal cohérent, alternatif, réaliste et visionnaire.

C'est ce « supplément d'âme » que nous proposons avec les «7 réformes
fondatrices » d'une « Voie nouvelle ».

*1 La réforme politique : politique de l'humanité et de civilisation*
(...)

Aujourd'hui, avec la mondialisation, la crise politique est à la fois
plus profonde et généralisée, elle touche tous les niveaux et conduit à
veiller à penser en permanence et simultanément planétaire, continental,
national et local.

La politique de l'humanité est planétaire et « la terre-patrie » est
l'héritière concrète des internationalismes, encore en germe au sein de
l'alter-mondialisme.

Il s'agit de sauvegarder indissolublement l'unité et la diversité
humaine. Le trésor de l'unité humaine est la diversité, le trésor de la
diversité est l'unité. Il s'ensuit la nécessité d'institutions
planétaires pour la sauvegarde de l'humanité, compétentes pour traiter
les problèmes vitaux et mortels de la biosphère, de l'économie, des
inégalités sociales, de l'infériorité du statut de la femme, des armes
de destruction massive.

Dans le monde global, le développement d'une conscience planétaire est
la dimension du défi, et est inséparable de celle du destin commun de
l'humanité. Cette conscience entière, encore embryonnaire, sera la
condition de la réforme de l'ONU, instance d'une société-monde dotée
d'un système juridique, d'une gouvernance, d'un horizon de
démocratisation, de solidarité, de fraternité. À son tour l'institution
rétroagira positivement sur le développement de la conscience planétaire.
(...)
La politique de réforme de la civilisation concerne toutes les parties
du monde occidentalisé. Elle s'exercerait contre les effets négatifs
croissants du « développement » de notre civilisation occidentale,
viserait à restaurer les solidarités, ré-humaniser les villes,
revitaliser les campagnes. Elle renverserait l'hégémonie du quantitatif
au profit de celle du qualitatif, de la qualité de la vie, « moins mais
mieux », contribuerait à la réforme de vie.

Elle reconsidèrerait nécessairement la notion de croissance, dépassant
l'alternative croissance/décroissance, elle prendrait en compte ce qui
doit croitre ou décroitre, ce qui doit demeurer stationnaire, au terme
d'une réflexion plus complexe que la croissance à tout prix.

Une telle réforme, de portée planétaire pourrait et devrait être
entreprise à l'échelle d'une nation, exemple pour son extension à
l'échelle continentale. L'Union Européenne et l'Amérique Latine
paraissent plus mûres pour s'engager dans cette nouvelle voie.

*2 Les réformes économiques*

La débâcle financière, la récession économique, les plans de sauvetage
du crédit, condition permissive du capitalisme, la protection par l'Etat
d'industries entières comme l'automobile, la relance de dépenses
d'infrastructure, conduisent les dirigeants d'un monde désormais
pleinement capitaliste à essayer de le remettre sous contrôle, à placer
« un pilote dans l'avion ». Simultanément à cet appel, le G20 se réunit.
Nous verrons ce qu'il en sort. Nous verrons s'il s'agit d'un jeu à
somme nulle, chacun protégeant son économie et se gardant que les partenaires
en bénéficient.

Les victimes de la crise ne sont pas les banquiers, ni les riches, mais
les gens pauvres des pays riches et les pauvres des pays pauvres. La
récession crée du chômage, mais elle est aussi prétexte à licenciements
pour, dans le cadre d'une compétition féroce, réduire les dépenses
salariales afin d'assurer les profits. Les dirigeants du monde ne sont
pas frappés subitement par la grâce de la nuit française du 4 août 1789
et l'abolition des privilèges, la plupart d'entre eux en sont les
défenseurs.

Il faut donc, en plus de la contrainte du sauvetage du système, la poussée des forces sociales dispersées dans le monde, pour donner un sens aux mesures et ouvrir une nouvelle voie, établir une institution permanente, sorte de conseil de la sécurité économique, chargé des régulations de l'économie planétaire et du contrôle des spéculations financières.

La sortie du modèle énergétique actuel est le grand chantier du siècle.

Il n'est plus durable, non seulement en raison de l'épuisement, un jour
ou l'autre, des ressources pétrolières, mais de la détérioration de
l'environnement, du changement climatique dont il est vraisemblablement
une des causes. On ne sous-estime pas le mouvement de recherche et
développement d'amélioration des rendements énergétiques et des énergies
renouvelables, mais le principal tient à la réforme du modèle de
développement et à celle du mode de vie.

Il faudra faire face aussi à un autre défi mondial : nourrir l'humanité.

Bien que le boom démographique se soit atténué, il n'en demeurera pas
moins que dans 50 ans il y aura -sauf pandémie mondiale- 9 milliards
d'êtres à nourrir. Les superficies cultivables n'étant pas extensibles,
il faudra augmenter les rendements des terres. Comment ? Par
l'utilisation massive des engrais et pesticides, dont on mesure les
dégâts dans les pays qui ont industrialisé leur agriculture ?

L'irrigation, qui consomme la plus grande part de l'eau, qui, par
ailleurs, devient une ressource rare ? Par la modification génétique des
organismes, avec les interrogations redoutables pour l'environnement et
la mise en tutelle des paysans par les monopoles ?

Politiques de l'énergie et de la faim peuvent être en opposition. Celle
des biocarburants à partir de produits agricoles signifie que la
priorité est donnée, implicitement, au modèle de consommation actuel de
l'énergie, et que le reste compte moins.

Il faudra que la communauté internationale fasse des choix clairs.

Quel autre modèle est envisageable ?

D'abord par un New Deal de grands programmes collectifs à l'échelle de
l'humanité. Ces grands programmes mondiaux devraient être complétés par
des programmes continentaux et nationaux. Le dégagement de la tyrannie
des marchés internationaux requiert localement l'essor d'une économie
plurielle.

Des initiatives sont en cours, par exemple la création et
l'extension des mutuelles, des coopératives de production et de
distribution, les coopératives de femmes en Afrique et en Asie, le
commerce de proximité de l'alimentation, le commerce équitable, des
entreprises citoyennes, l'agriculture fermière et biologique, le
micro-crédit, voire des monnaies locales.

Toutes ces actions, au raz du sol, nées dans le système et à cause de lui, sont autant de chrysalides de la métamorphose.

*3 Les réformes sociales*

Le monde crie d'inégalités et d'injustices. Les idéaux libertaires,
socialistes, communistes, ont historiquement combattu celles-ci. De
nouveau l'internationalisme, mais planétaire cette fois, est à l'ordre
du jour. La pauvreté continue à frapper une grande partie de la
population du globe, alors que jamais les disponibilités scientifiques,
techniques n'ont été aussi grandes. Les inégalités s'expriment
grossièrement par les inégalités du PIB entre nations et par personne.
Le rêve ancien de l'utopie égalitaire, par exemple, un revenu universel
d'existence, reste une visée qui n'est pas celle des institutions
internationales actuelles. Les différenciations ont grandi avec la
mondialisation. Le Tiers-Monde des années 60 a volé en éclats.

L'économie pétrolière a donné une rente de situation aux pays du Golfe,
qui ont fait appel à des migrants, corvéables et rejetables. La Chine,
virée au capitalisme sauvage, réalise l'accumulation primitive sur le
dos des masses paysannes. Sa percée industrielle pour les biens
manufacturés, si elle permet, heureusement, des progrès du niveau de vie
interne, a pour contre partie la suppression d'emplois ailleurs et une
pression sur les salaires des pays développés. Le problème est devenu la
répartition du profit à l'échelle mondiale. Comment permettre la
progression du niveau de vie dans les pays en voie de développement sans
altérer celui des pays développés et résorber les inégalités partout ?

Comment faire converger des forces sociales défendant leurs
revendications nationales dans un ensemble plus vaste dominé par les
firmes multinationales ?

Nous pourrions en Europe fournir de premières réponses. L'harmonisation
salariale « vers le haut » est le combat à venir, car il est clair que
le capital tentera de faire supporter le poids de la crise à ses
salariés. L'harmonisation de la protection sociale, et celle de la
fiscalité, sont d'autres chantiers.

Qu'en est-il aussi de la retraite des personnes âgées. Fort heureusement
l'espérance de vie a augmenté suite aux progrès de la médecine et de
l'hygiène. Mais cette prolongation est très inégale entre, par exemple
Haïti et le Japon, et en France entre cadres supérieurs et ouvriers. La
conséquence de l'allongement de la vie c'est le vieillissement de la
population, et avec elle, partout, la difficulté du financement des
retraites et de la protection sociale. Vaste question qui ne peut-être
reportée en attendant l'hypothétique retour de la croissance et quimet
à l'épreuve la solidarité intergénérationnelle. Des normes mondiales,
là encore, seraient en phase avec le problème sociétal.

*4 La réforme de la pensée*

Il est difficile de penser le présent de la crise planétaire et ses
perspectives. D'autant que la vitesse des transformations et la
mondialisation qui agissent sur toutes les sphères brouillent les
représentations. La complexité de la situation donne le vertige et
conduit la plupart d'entre nous à un sentiment d'effroi et d'impuissance
qui amènent à renoncer à sa compréhension et à l'action.

La compréhension du monde est impossible avec le morcellement actuel de
la pensée. L'enfermement disciplinaire rend inapte à percevoir et
concevoir les problèmes fondamentaux et globaux, d'où la nécessité
d'une pensée complexe qui puisse relier les connaissances, les parties au
tout, le tout aux parties, et qui puisse concevoir la relation du global
au local et du local au global.

Nos modes de pensée doivent intégrer un va-et-vient constant entre ces niveaux.

Pour dominer la complexité du monde, le système de pensée doit être
complexe.

Si nos esprits restent dominés par une façon mutilée, incapable de
saisir les réalités dans leur complexité et dans leur globalité, si la
pensée philosophique reste enfermée dans des jeux de dentelle, alors
nous allons vers des catastrophes. Seule une pensée apte à saisir la
complexité non seulement de nos vies, destins, de la relation
individu-société-espèce, mais aussi celle de l'ère planétaire, peut
opérer le diagnostic de la course de la planète vers l'abîme, et définir
les orientations qui permettraient de donner un fil directeur aux
réformes primordiales.

En bref, seule une pensée complexe peut nous armer pour préparer la
métamorphose globale, sociale, individuelle et anthropologique.

*5 La réforme de l'éducation*

Elle est peut-être la condition permissive de tout le reste.
L'éducation forme un guide d'existence, individuel et collectif, un
modèle qui se transmet entre générations. C'est un système de puissance
lourde, à inertie et temps long. C'est pourquoi elle est au coeur de
l'évolution des sociétés.

La transmission de connaissances ne met pas à l'abri des erreurs et
illusions qui parasitent l'esprit humain. Il s'agit d'armer chaque
esprit dans le combat vital pour la lucidité. Il est donc nécessaire
d'introduire et de développer dans l'enseignement l'étude des
caractères cérébraux, mentaux, culturels, des processus et modalités des
connaissances, des dispositions tant psychiques que culturelles. Cette
remarque préalable soulève le problème de l'adéquation de l'éducation
actuelle et de son contenant.

Les principes d'une connaissance pertinente sont les suivants :

promouvoir une connaissance capable de saisir les problèmes globaux et
fondamentaux pour y inscrire les connaissances partielles et locales ;

enseigner la condition humaine ;

expliquer l'identité terrienne ;

éveiller à la compréhension de l'autre.

L'enseignement doit contribuer, non seulement à une prise de conscience
de la trinité individu-espèce-société, et ce qu'elle implique comme
comportement vis-à-vis des autres et de la nature, avec notre
Terre-Patrie, mais aussi permettre que cette conscience se traduise en
une volonté de réaliser la citoyenneté terrienne.

*6 La réforme de vie*

C'est le problème concret sur lequel devraient converger toutes les
autres réformes.

Nos vies sont dégradées et polluées par l'état monstrueux des relations
entre les humains, individus, peuples, par l'incompréhension généralisée
d'autrui, par le prosaïsme de l'existence consacrée aux taches
obligatoires que ne donnent pas de satisfaction, et qui déferlent à
présent dans le monde entier, par opposition à la poésie de l'existence
qui est congénitale à l'amour, l'amitié, la communion, le jeu.

La recherche d'un art de vivre est un problème très ancien abordé par
les traditions de sagesse des différentes civilisations et en occident
par la philosophie grecque. La réforme de vie vise à régénérer l'art de
vivre en art de vivre poétiquement. Elle se présente de manière
particulière dans notre civilisation occidentale caractérisée par
l'industrialisation, l'urbanisation, la recherche du profit, la
suprématie donnée au quantitatif... Civilisation qui régit aujourd'hui sur
la planète apportant non seulement ses indéniables vertus mais aussi ses
moins indéniables vices et dégradations qui se sont révélées dans le
monde occidental d'abord et qui déferlent à présent dans le monde entier.

L'homme vit aujourd'hui dans une « Technosphère ». Et il en fait partie
intégrante. Malgré l'essor récent des biotechnologies, c'est la
civilisation mécanique qui domine depuis la révolution industrielle du
20 e siècle, et dont la robotisation constitue le point dominant. Le
chronomètre est le maître, et, avec lui, les cadences de travail, la
réduction des temps alloués et le stress, les flux tendus dans
l'entreprise, contraintes de la compétitivité et du profit à court
terme. Les nouvelles technologies de l'information, potentiellement
libératoires de la communication personnelle, deviennent une tyrannie
avec le téléphone portable, la perte de liberté qui s'ensuit quand tout
individu peut-être suivi voire traqué n'importe où. Ainsi, la
combinaison de l'évolution de la civilisation industrielle sous
l'emprise des nouvelles technologies, des nouvelles conditions du
travail et du profit, provoque une mutation par rapport au temps,
l'urgence se transforme en instantanéité. Le culte de l'urgence conduit
à une société malade du temps, et qui perd le temps de vivre. Elle se
défend en revendiquant du temps libre.

La société en devient consciente et réagit avec les moyens dont elle
dispose. L'aspiration à « une vraie vie » se manifeste sous la forme
d'antidotes au mal-être physique, moral et spirituel par le recours aux
psychiatres, psychanalystes, aux psychotropes, addictions et drogues
diverses. Elle se tourne aussi vers la religion, l'occultisme, pour
satisfaire ses besoins spirituels étouffés dans une civilisation vouée
aux besoins matériels, à l'efficacité et à la puissance.

La réforme de vie doit nous conduire à vivre les qualités de la vie, à
retrouver un sens esthétique, à travers l'art bien sûr mais également
dans la relation à la nature, dans la relation au corps, et à revoir nos
relations les uns aux autres, à nous inscrire dans des communautés sans
perdre notre autonomie. C'est le thème de la convivialité évoqué par
Illich dans les années 70. Il existe aujourd'hui, un peu partout, des
germes de cette réforme. Ils apparaissent à travers l'aspiration à
une autre vie, le renoncement à une vie lucrative pour une vie
d'épanouissement, les choix de vie visant à mieux vivre avec soi-même et
autrui, ainsi que dans une recherche d'accord avec soi-même et le monde.
Cette aspiration à vivre "autrement" se manifeste de façons
multiples et l'on assiste à des recherches tâtonnantes, un peu partout recherche de
la poésie de la vie, amours, fêtes, copains, raves parties. Si on
considère ensemble ces éléments qui, séparément, semblent insignifiants,
il est possible de montrer que la réforme de vie est inscrite dans les
possibilités de notre civilisation. Le dénominateur commun en est : la
qualité prime sur la quantité, le besoin d'autonomie est lié aux besoins
de communauté, la poésie de l'amour est notre vérité suprême.

La prise de conscience que « la réforme de la vie » est une des
aspirations fondamentales dans nos sociétés est un levier qui peut
puissamment nous aider à ouvrir la Voie.

*7 La réforme morale*

Barbarie de nos vies ! Nous ne sommes pas intérieurement civilisés. La
possessivité, la jalousie, l'incompréhension, le mépris, la haine,
l'aveuglement sur soi-même et sur autrui sont notre quotidien. Que
d'enfers domestiques sont les microcosmes de l'enfer plus vaste des
relations humaines.

Nous retombons là sur une préoccupation très ancienne puisque les
principes moraux sont présents tant dans les grandes religions
universalistes que dans la morale laïque. Mais les religions qui ont
prôné l'amour du prochain ont déchaîné des haines épouvantables, et
rien n'a été plus cruel que ces religions d'amour.

Il semble donc évident que la morale mérite d'être repensée et qu'une
réforme doit l'inscrire dans le vif du sujet. La réforme morale
nécessite, d'abord, l'intégration, dans sa propre conscience et sa
propre personnalité, d'un principe d'auto-examen permanent, car, sans le
savoir, nous nous mentons à nous-mêmes, nous nous dupons sans cesse.
Si on définit le sujet humain comme un être vivant capable de dire
« je », autrement dit d'occuper une position qui le met au centre de son
monde, il s'avère que chacun de nous porte en lui un principe
d'exclusion (personne ne peut dire « je » à ma place). Ce principe agit
comme un logiciel d'auto-affirmation égocentrique, qui donne priorité à
soi sur toute autre personne ou considération et favorise les égoïsmes.
Dans le même temps, le sujet porte en lui un principe d'inclusion qui
nous donne la possibilité de nous inclure dans une relation avec autrui,
avec les « nôtres » (famille, amis, patrie), et qui apparait dès la
naissance où l'enfant ressent un besoin vital d'attachement. Ce principe
est un quasi logiciel d'intégration dans un nous, et il subordonne le
sujet, parfois jusqu'au sacrifice de sa vie. L'être humain est
caractérisé par ce double principe, un quasi double logiciel : l'un
pousse à l'égocentrisme, à sacrifier les autres à soi ; l'autre pousse
à l'altruisme, à l'amitié, à l'amour... Tout, dans notre civilisation,
tend à favoriser le logiciel égocentrique. Le logiciel altruiste et
solidaire est partout présent, inhibé et dormant, et il peut se
réveiller. C'est donc ce logiciel qui doit être développé.

Il faut donc concevoir également une éthique à trois directions, en
vertu de la trinité humaine : Individu-société-espèce, les trois en
interrelations permanentes.

Dans ce sens, l'éthique individu-espèce nécessite un contrôle mutuel de
la société par l'individu et de l'individu par la société,
c'est-à-dire la démocratie ; et au xxie siècle la solidarité terrestre.

L'éthique doit se former dans les esprits à partir de la conscience que
l'humain est à la fois individu, partie d'une société, partie d'une
espèce. Nous portons en chacun de nous cette triple réalité. Aussi,tout
développement vraiment humain doit-il comporter le développement
conjoint des autonomies individuelles, des participations communautaires
et de la conscience d'appartenir à l'espèce humaine.

À partir de cela s'esquissent les deux grandes finalités
éthico-politiques du nouveau millénaire : établir une relation de
contrôle mutuel entre la société et les individus par la démocratie,
accomplir l'Humanité comme communauté planétaire.

En conclusion : limites et possibilités

Les réformes sont interdépendantes. Les réformes morale, de la pensée,
de l'éducation, de civilisation, de la politique, celle de la réforme de
vie s'entr'appellent les unes les autres. Par là même leurs
développements créeraient une synergie, une dynamique nouvelle qui
serait plus que leur somme.

Ceci est une énorme potentialité, mais nous devons aussi être conscients
de leur limite. On ne pourra jamais éliminer la capacité délirante,on
ne pourra jamais rationaliser l'existence (ce qui serait au demeurant,
la normaliser, la standardiser, la mécaniser...) On ne pourra jamais
réaliser l'utopie de l'harmonie permanente, du bonheur assuré.

Ce qu'on peut espérer c'est non plus le meilleur des mondes, mais un
monde meilleur.

Revenons au point de départ : nous allons vers l'abîme. Mais il y a des
milliards de chrysalides végétales, animales, humaines qui sont en
métamorphose. Ce sont des forces immenses potentielles mais
conditionnées à leur environnement. Concernant l'humanité des forces,
encore virtuelles pour l'essentiel, doivent se mobiliser. L'abîme comme
la métamorphose ne sont pas fatals.

La Voie des sept réformes proposée ici nous semble la seule susceptible
de régénérer assez le monde pour faire advenir la métamorphose, pour un
monde meilleur.

En faire une réalité suppose la mobilisation de tous ceux qui y
aspirent, en un véritable Mouvement pour la Métamorphose du Monde.

*Edgar Morin*, philosophe et sociologue
*Pierre Gonod*, politologue et prospectiviste
*Paskua*, artiste, à l'origine de l'"International Art Movement
forthe

Metamorphosis of the World"
http://www.bastamag.net/spip.php?article521
​ 0 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le mardi 31 mars 2009 15:50

Appel à la constitution de services sanitaires et sociaux de Résistance.

Communiqué du Comité de Résistance du Social

Appel à la constitution de services sanitaires et sociaux de Résistance.


Suite à la journée de mobilisation des consciences du 10 novembre 2008 et à la journée de grève générale du 29 janvier 2009, répondant ainsi à l'appel des appels qui nous invite professionnel-le-s et citoyen-ne-s à se regrouper localement,

Face à une politique qui organise le démantèlement du projet de démocratie sociale initiée par le Conseil National de la Résistance en 1945,et incapable de relever le défi de la crise environnementale planétaire; Constatant l'absence durable d'un projet alternatif à la hauteur de la situation sociale, politique, écologique actuelle et un attentisme de la plupart des directions syndicales malgré la mobilisation grandissante de nos concitoyen-ne-s qui manifestent chaque jour un peu plus leurs souffrances;

Le Comité de Résistance du Social,

collectif informel « d'acteurs et d'actrices de la relation d'aide » avait lancé, suite à la journée de promotion des services publics le 10 juin 2006 à Toulouse où fut réalisé un diagnostic collectif sur la situation sociale de la France, un appel à Résistance au développement du contrôle social.

Nous avons dénoncé au moyen de communiqués d' « alerte au contrôle social », les multiples atteintes aux libertés et aux droits fondamentaux, et procédés de contrôle social à l'½uvre depuis plusieurs décennies maintenant.

Nous voulons maintenant agir ensemble sur le mode : Résister, c'est créer.


Le Comité de Résistance Social appelle maintenant l'ensemble des acteurs du social, de l'éducation, de la santé ... à la constitution de services sanitaires et sociaux de Résistance un peu partout où cela est possible sur notre territoire.

Nous entendons utiliser l'ensemble de nos compétences professionnelles, nos réseaux et nos savoirs-faire dans les domaines de l'aide à la personne et du développement social pour soutenir et conduire des projets d'émancipation et venir en aide aux intervenant-e-s et à nos concitoyen-ne-s qui choisissent d'entrer en résistance.

Pour cela en Midi Pyrénées, nous proposons de venir en soutien aux professionnel-le-s.

Nous constituerons une veille qui nous servira de base de données pour refonder nos pratiques d'aide selon les principes humanistes qui fondent nos professions pour que l'action sociale devienne un véritable vecteur de développement de la société.

Nous tiendrons dès que possible des permanences et contribuerons également à l'autonomie des acteurs et des mouvements de la résistance qui s'organisent à l'heure actuelle.

Nous devons tout d'abord nous rencontrer et échanger ensemble pour une expression et une élaboration autour de nos besoins respectifs et que le Comité de Résistance du Social devienne cet espace utile et nécessaire pour chacun-e de nous.

Rendez vous mercredi 25 février 2009 à 18 h 30 aux Pavillons Sauvages à Toulouse (quartier des Minimes – angle rue Chaussas et rue Dagnaux – métro Canal du Midi)

Le Comité de Résistance Social
​ 0 | 3 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le mardi 24 février 2009 11:11

"Manifeste des Neuf" ou le Manifeste pour les "produits" de haute nécessité.

« Manifeste des neuf »

Neuf intellectuels antillais, ont rédigé ce

"Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité"


Texte intégral du « Manifeste des neuf »

« C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle — à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj — qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé — est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques,
d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d'achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires — non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d'épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.

Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être « producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

Pour les "produits" de haute nécessité

Alors, quand le « prosaïque » n'ouvre pas aux élévations du « poétique », quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d'achat » ou « le panier de la ménagère ». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les « produits de premières nécessités », d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une « haute nécessité » Par cette idée de « haute nécessité », nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en ½uvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie. Alors que mettre dans ces « produits » de haute nécessité ? C'est tout ce qui constitue le c½ur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le « déterminant » ou bien le « décisif » s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.

L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos « présidents locaux » pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.

Contre la logique du système libéral marchand

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement...

Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.

Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du « Marché » et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par « l'esprit colonial » et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.

Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique. On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement. On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile. On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous. On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister. Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'½uvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'½uvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.

Quant à l'idée du « plein emploi », elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple « emploi », et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation.

Une vision du politique enchantée par l'utopie Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice.

Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en « tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue ». Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.

Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....

Alors voici notre vision :

Petits pays, soudain au c½ur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en ½uvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....

Les signataires :

Ernest BRELEURN
Patrick CHAMOISEAU
Serge DOMI
Gérard DELVER
Edouard GLISSANT
Guillaume PIGEARD DE GURBERT
Olivier PORTECOP
Olivier PULVAR
Jean-Claude WILLIAM
​ 0 | 1 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le mercredi 18 février 2009 14:20

MANIFESTE POUR UN MOUVEMENT POUR LA PSYCHIATRIE

MANIFESTE POUR UN MOUVEMENT POUR LA PSYCHIATRIE

www.collectifpsychiatrie.fr site de « la nuit sécuritaire »

Il y a quelques décennies Tosquelles disait : « sans la reconnaissance de la valeur humaine de
la folie, c'est l'homme même qui disparaît ». Pourtant, peu après le tournant du siècle, l'Etat,
mettant en pièce le fondement démocratique de son assise, fit tomber sur le pays une lourde nuit
sécuritaire laissant l'épaisseur de l'histoire ensevelir le travail de ceux, Bonnafé, Le Guillant,
Daumézon, Tosquelles, Lacan, Paumelle, Lainé et d'autres, dont nos générations ont hérité du
travail magnifique. Ils avaient fait de leur pratique oeuvre de libération des fécondités dont la folie
est porteuse, oeuvre de libération aussi de la pensée de tous, rendant au peuple son honneur perdu à
maltraiter les plus vulnérables d'entre nous.

Aujourd'hui cet obscurantisme affecte nos pratiques d'aide, de soin et de prendre soin dans les
champs médicaux, médico-sociaux et sociaux et concerne aussi bien la pratique privée que
publique.

Il porte gravement atteinte à la dignité des patients, réduits à n'être plus considérés que pour
leur supposée dangerosité et voués en tant que tels à des contraintes humiliantes.
Le gouvernement s'attaque à l'enseignement, à la recherche et à la question de la formation,
visant à effacer toute référence aux méthodes psycho dynamiques de soin et de compréhension du
psychisme s'attelant à nier sans cesse la pensée, la parole et le sujet dans toute la dimension
inconsciente qu'il comporte.

Il s'appuie pour mener son obscure entreprise sur un certain nombre d' universitaires engagés
dans une démarche d'épuration vis-à-vis de ceux qui se réfèrent à la leçon freudienne et sur certains
organismes de recherche dévoyés dans une approche plus scientiste que véritablement scientifique,
réduisant, en particulier les humains à leur comportement et leur souffrance à une collection de
symptômes dont il faudrait, selon eux, venir à bout au plus vite sans jamais se questionner sur un
sens du symptôme mais en abrasant tout délire, toute déviance à l'aide de puissants psychotropes.
C'est ainsi que dans une cascade de décrets et propositions, après avoir vu la psychanalyse
gravement mise en cause dans un rapport scandaleux, il a été proposé l'inquisition d'éventuels
signes de déviance chez les enfants de trois ans et moins, prédictifs de leur éventuelle délinquance à
venir.

Puis il a été décidé de mettre en oeuvre une « perpétuité sur ordonnance » chez les criminels
condamnés à plus de 15 ans de réclusion en fin de peine du fait de leur « particulière dangerosité »
et pour prévenir les récidives potentielles.

Enfin le 2 décembre 2008 le président de la République visitant un hôpital psychiatrique dont
les malades étaient retenus dans leurs chambres (comme les manifestants de Saint Lô et de Nîmes
furent exclus de l'accès du centre ville !) a annoncé la mise en place de réformes dramatiques.
Celles-ci impliquent la mutation des professionnels du soin en gardiens, plus grave encore, elles
induisent une évolution du statut de patient sujet de sa parole à celui de « schizophrène dangereux »
juste bon à enfermer. Le préfet devient l'ordonnateur des soins « Les experts donnent leur avis mais
la décision, ce doit être l'Etat » a déclaré N.Sarkozy à Antony.

Dans le même esprit la création d'une obligation de soins en ambulatoire est annoncée.

C'est ainsi que la plus haute autorité de l'Etat devant les soignants les représentants des patients
et leurs familles a imposé cinq mesures liberticides, au prétexte de la réduction des risques non sans
l'assentiment de certains.

L'enfermement est ainsi posé comme l'arme définitive contre une folie forcément dangereuse
et « géo localisable » Pas un mot n'est dit sur la souffrance des patients, véritable enfermement
intérieur, qui subissent au quotidien l'indifférence d'une société cherchant à se protéger ainsi de sa
propre folie.

S'ajoute à ces mesures l'affirmation de la primauté du directeur de l'hôpital, véritable
« patron », qui aurait seul le pouvoir d'orienter de décider de la politique de soins et de « sécurité ».

Enfin, nous avons aujourd'hui à déplorer les propositions du rapport Couty dans lequel nous
voyons l'annonce de la destruction de la politique de secteur, nous laissant dans la position
d'instruments d'un triple forfait auquel nous serions assignés : évaluer, expertiser et enfermer. Il est
particulièrement instructif pour notre mouvement de remarquer que ce rapport ne tient aucun
compte des vingt deux propositions issues des Etats Généraux de la Psychiatrie des 5, 6 et 7 juin
2003.

Trente neuf professionnels de plusieurs horizons, ont alors lancé un appel soutenu par plus de
20 000 signataires à ce jour, visant à restituer aux patients leur dignité, leur honneur à
l'enseignement et à la recherche, leur éthique à nos pratique.

Miguel de Unamuno cité par L. Bonnafé prête à Don Quichotte d'être descendu aux enfers et
d'y avoir enlevé l'inscription laissée par Dante : « vous qui entrez ici perdez tout espoir » pour la
remplacer par une sur laquelle on pouvait lire : « vive l'Espérance ! »
Nous avons décidé de ne pas laisser l'air du temps saccager l'Espérance et considérant que ni
les idées ni les lois ne sont forcément respectables ou légitimes nous nous donnerons tous les
moyens de faire supprimer ou modifier ces dispositions sécuritaires ou d'en annuler l'effet sur la
vie des patients comme sur l'expropriation progressive du droit de soigner dont nous refusons d'être
les objets.

Face à la violence de l'Etat, il ne reste, chacun à sa place, et particulièrement dans nos métiers
qu'à résister autant que possible. Nous affirmons donc ici notre ardente obligation à ne pas mettre
en oeuvre les propositions dégradantes d'exclure du paysage social les plus vulnérables.
On observe aujourd'hui un recul des limites de l'Etat de droit (cf. Juge Portelli, Appel des
appels du 31 janvier), permis par le développement de l'idéologie sécuritaire par exemple, avec le
projet de rétention de sûreté, "abjection philosophique et juridique" (cf. Juge De Pas, Appel des
appels ibid) ou avec le dépistage, dès l'enfance, des futurs délinquants, ou encore la prétention de
"juger les fous", en mettant en avant une intention compassionnelle envers les victimes.

Refusant la résignation devant cette mutation idéologique, ne pouvant accepter de rester
impuissants lorsque seront en jeu l'honneur et le bien-fondé de nos pratiques, considérant que « Ce
qui fait l'injustice, ce n'est pas tant la loi injuste que l'obéissance à la loi injuste »,
nous proposons à ceux qui nous ont rejoints et à ceux qui le feront plus tard :

- D'interpeller les préfets représentants de l'Etat chaque fois qu'une de leurs décisions
concernant nos patients nous paraîtrait arbitraire.

- D'appeler à la création d'un collectif d'avocats pour défendre les droits des patients.

- De refuser toute participation au processus de rétention administrative (de l'expertise à la
création de centres).

- De refuser les modalités actuelles de certification ou de les critiquer auprès des enquêteurs.
La certification, menée sous l'exclusive d'une évaluation telle qu'elle est pratiquée dans
l'industrie et donc sans rapport avec nos pratiques, s'emploie à mettre celles-ci à la norme
selon des critères où la complexité et la singularité de chacun n'auraient plus leur place et où
la dimension relationnelle ne serait pas prise en compte.

- De refuser, chacun dans le champ de sa pratique, de participer aux diverses instances
auxquelles nous participons aujourd'hui (action à laquelle appellent aussi la CPH et l'INPH)

- D'instituer un nouveau dialogue avec les familles et avec les associations d'usagers.

- De lutter contre le projet de loi « Hôpital, Patient, Santé,Territoire »et de considérer l'intérêt
des synergies avec « l'Appel des Appels », « la Politique de la Peur » et de participer donc
activement aux Etats Généraux des Droits et des Libertés.

- Tirant les leçons d'années où nous nous sommes montrés trop soumis à un discours sur la
psychiatrie dans lequel nous ne nous reconnaissions pas, nous proposons enfin que se crée
partout un vaste mouvement de mise en lien de nos références théoriques, de nos
orientations, de notre expérience, grâce à un Forum Itinérant dont la réunion du 26 janvier à
Reims a constitué les prémisses, traitant thème par thème des grandes questions qui
traversent nos métiers. Des collèges locaux de réflexion tels que ceux proposés par J. Oury
pourraient permettre d'en préparer le déroulement.

Nous vous convions aujourd'hui à créer ce mouvement pour tenter de refonder une psychiatrie
où il ne serait pas interdit de penser, au sens où, comme le dit Jean Luc Nancy « entrer dans cette
pensée, c'est agir déjà. C'est être dans la praxis par laquelle se produit un sujet transformé plutôt
qu'un produit conformé, un sujet infini plutôt qu'un objet fini »

Votre réponse massive à l'appel des 39 comme le nombre d'inscrit au meeting du 7 février
laissent bien augurer de notre capacité à créer ce mouvement qui devra devenir un interlocuteur
majeur dans les rudes combats qui nous attendent.

www.collectifpsychiatrie.fr
​ 0 | 1 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le jeudi 12 février 2009 15:20

La Guadeloupe en danger ?

infos de Guadeloupe : 4000 militaires/gendarmes/CRS sont arrivés samedi 07 février 2009


Chers compatriotes,

C'est un appel de soutien que je lance depuis la Guadeloupe.

Un collectif de 52 organisations comprenant tous les syndicats, des groupements de mutuelle, des fédérations d'associations, les plus grosses associations de la Guadeloupe, le syndicat des transporteurs, les syndicats des stations de service, syndicat de pêcheurs, etc a lancé un mouvement de grève depuis le 20 janvier 2009.

Des négociations on été engagées au World Trade Center, avec autour de la table de négociation, une représentation de l'ensemble des décideurs de la Guadeloupe :

Le collectif : *Lyanag kont profitasyon* - Rassemblement contre les profiteurs

Les élus : Conseil Régional - Conseil Général - Les maires - les Députés - Les Sénateurs

Les socio professionnels : MEDEF - CGPME - CTPME - CCI - CES - etc

L'Etat : Préfet de Région - Les Directeurs d'administration centrale

Suite à la lecture d'une note émise par le Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves JEGO, le Préfet de Région a décidé d'abandonner la table de négociations pour soi-disant se mettre à travailler.

Aujourd'hui, vendredi 30 janvier 2009, près de 60.000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe à Pitre, afin de démontrer leur soutien au "kolectif", or les médias métropolitains, confisqués par SARKOZY, ne font guère écho de ce mouvement dont la substance est unique dans l'histoire de France ; car, c'est la première fois qu'un telle manifestation arrive a créer un consensus de toutes les forces vives d'une Région et sans exclusive.

La Guadeloupe réclame la venue du Premier Ministre pour gérer une fin de cette crise. Or, le ministre de tutelle, en l'occurrence Monsieur JEGO, refusant de jouer son rôle légal, refuse de se rendre en Guadeloupe par peur de...

L'Etat Français s'est défaussé devant le peuple guadeloupéen qui a assisté en direct à la démission du gouvernement.

Les négociations étaient retransmises par 3 chaines de télévision locale, les téléspectateurs ont assisté au départ du Préfet qui a refusé de continuer les négociations, promettant de sévir en cas de dérapage.

17 Airbus ont débarqué depuis début janvier, avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu'aux dents. Des chars d'assauts, des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce tel dispositif de guerre coûte 3 millions d'euros par jour au contribuable français. Les guadeloupéens auraient préféré que cet argent serve à résoudre quelques uns des 146 points de la plateforme de revendications.

L'Etat français a tiré sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe : 1910 - 1925 - 1952 - 1967
En 1967, suite à un fort mouvement de grève, messieurs MESSMER, MARCELIN et DE GAULLE ont fait tirer sur la foule et tuer plus de 170 personnes - officiellement seuls 31 morts ont été déclarés par l'Etat.

Pendant que je rédige ce document, le gouvernement vient de décider de transférer les rédactions de RFO à Paris, les émissions locales ne seront plus produites localement. Sarkosy se fabrique sa dictature par ses exactions, voilà que l'Outre-Mer revient 30 ans en arrière avec les pratiques coloniales.

Chers compatriotes, je vous demande de diffuser ce document par vos relais, il faut que toute la France sache que l'on se bat pour l'ordre juste et contre les profiteurs de toute nature. *"La gwadloup cé tan nou - la gwadloup cé pa ta yo - yo bisyon fé sa yo vlé - a dan péyi en nou"

* /*"La Guadeloupe est à nous - la Guadeloupe n'est pas à eux - ils veulent faire ce qu'ils veulent - dans notre pays"
----------
Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article79989
​ 0 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le jeudi 12 février 2009 13:52

Le Conseil national de la Résistance rejoint "l'Appel des appels"

Le Conseil national de la Résistance
REJOINT L'APPEL DES APPELS

« L'appel des appels » ci-joint n'est pas un appel de plus mais une volonté commune des signataires de construire des revendications transversales, de "coordonner ces différents mouvements et d'en tirer tout le sens politique".


SIGNEZ ET RESISTEZ !


Nous vous invitons à signer cet "Appel des appels" en faisant état, si vous le souhaitez, de vos engagements respectifs, ceci pour contribuer au développement d'une dynamique commune permettant de construire une alternative à la situation que nous connaissons et à laquelle nous avons choisi de résister.

DIFFUSEZ L'APPEL !


Nous vous invitons également à diffuser cet appel dans tous vos réseaux et à demander de le diffuser encore et encore... pour que la convergence s'élargisse et que la mobilisation prenne l'ampleur nécessaire.
Face à une opposition inexistante et aux nombreuses tentatives de mobilisation dispersées et parcellaires, en 2008, issus de tous les coins de France, des citoyen-ne-s se sont organisés pour rallumer « la flamme de la résistance » et répondre ainsi à « l'appel du 15 mars 2004 » lancé par des résistants historiques : « Résister, c'est créer ».

REACTIVATION DU CONSEIL DE LA RESISTANCE

Depuis l'été dernier, nous travaillons ensemble à la mise en perspective des mobilisations pour construire une alternative à partir des réalités locales, nationales et internationales.

Pour en savoir plus : http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/

REJOIGNEZ LA RESISTANCE :

Pour prolonger notre initiative, nous vous invitons à :

Contribuer près de chez vous à la mobilisation du 29 janvier 2009 que nous voulons reconductible, pour faire de cette journée le point de départ d'une grande mobilisation générale.

D'ici là et durant cette journée, nous appelons l'ensemble des citoyen- ne-s à populariser par les moyens qu'ils jugeront nécessaires l' appel « Résister, c'est créer ».

REUNION PUBLIQUE POUR TOUS

Participez à la réunion des signataires de « l'Appel des Appels » organisée le 31 janvier à Paris.

Le but :

d'une part donner à la contestation une dynamique qui soutienne les nombreux mécontentements s'exprimant dans le pays et,

d'autre part, de construire les conditions d'une alternative politique à une situation qui de jour en jour s'aggrave, au nom d'un projet de société qui fait fi de la crise sociale, écologique et démocratique que nous traversons.

Le Conseil national de la Résistance appelle les citoyen-ne-s, les organisations associatives, syndicales et politiques à organiser la résistance pour construire l'alternative.

Fidèles à l'art 35 du préambule de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1793 et à l'Appel : « Résister, c'est créer », nous appelons à organiser une insurrection pacifique et organiser dans les meilleurs délais des états généraux pour construire les conditions d'une alternative politique, sociale, écologique et démocratique.


Pour nous contacter : contact[at]conseilnationaldelaresistance.fr
​ 0 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le dimanche 01 février 2009 16:55

Manifeste pour des Etats Généraux des droits et des libertés.

Après la prise de position « Nous refusons la politique de la peur » (Le Monde, 13 décembre 2008)
(VOIR ARTICLE un peu plus bas dans ce Blog)

La politique de la peur que nous dénonçons attaque des secteurs entiers de la population qu'elle stigmatise comme dangereux. Une nouvelle fois, on épingle la dangerosité sociale à la maladie mentale en médiatisant à grande échelle les fous criminels et les errants ; alors que, loin d'être d'abord des délinquants et criminels, ce sont des victimes de multiples discriminations et violences. On utilise l'émotion populaire pour établir un déni de droit par la rétention de sûreté pour les délinquants sexuels et les détenus dangereux ... sur ordonnance.

On veut faire des jeunes décrocheurs la « racaille » qu'il faut réprimer sans égard dès l'âge de 12 ans. Et on trouve les moyens et l'argent pour développer cette politique sécuritaire qu'on refuse aux institutions de prévention, de soin et d'éducation. Ce populisme pénal poursuit des logiques économiques néolibérales qui pénalisent les pauvres et les plus vulnérables.

Nous savons que le droit peut être utilisé en vue d'atteindre n'importe quel but social ; sa fonction première est de maintenir l'ordre social. C'est pourquoi nous nous déclarons résolument du côté des Droits de l'Homme et du citoyen dans leur fonction ordonnatrice de la société.

Nous savons qu'une société se juge à la manière dont elle traite les marginaux, les déviants, les fous, les vagabonds, les personnes vulnérables et précarisées.

Nous refusons que les dispositifs d'aide et de soin soient réduits à une « gestion du déchet », notamment pour les systèmes judiciaire et psychiatrique.

L'Etat Social doit rester la référence, les effets et conséquences de la crise mondiale actuelle du modèle néolibéral nous en confirment le bien fondé.

La démocratie ne repose pas sur une société d'hommes normés, mais sur la richesse de sa diversité sociale, culturelle, d'origines, et sur les valeurs qu'elle promeut pour qu'elle génère reconnaissance sociale et expression plurielle.

Il n'y a pas d'homme ou de femme superflus.

La République se base sur la séparation des pouvoirs et sur la mise en acte des missions de l'appareil d'Etat garanties par la constitution : droit d'asile, droit à l'éducation, droit à la santé, liberté d'expression, droit à la vie privée, ....

La politique sécuritaire actuelle accélère les remises en cause de ces principes démocratiques élémentaires déjà à l'oeuvre précédemment.

Les réformes visant à détruire l'existant vont à un rythme qui confirme que les principes démocratiques de consultation, de concertation, de débat public sont jetés à l'encan. Sciences et justice sont convoquées pour valider avec zèle dérégulation, sauvagerie du marché, destructivité, etc.

Les luttes contre le déterminisme génétique, contre la prévention prédictive (« pasdezérodeconduite »), contre la loi de prévention de la délinquance, contre la rétention de sûreté, contre le fichage sont toujours d'actualité. Contre la logique manichéenne, qui divise la société en deux catégories massives, les citoyens - victimes et les supposés dangereux, nous rappelons que toute vie en société est faite de complexité, de tensions et de prises de risque. Cette idéologie gagne en puissance en s'appuyant sur l'émotionnel. Chaque fait divers est l'occasion de réveiller les vieilles peurs au plus intime de chacun.

Face au flot continu de lois, nous devons soutenir au moins trois nouveaux fronts :

* contre la loi « hôpital, patient, santé, territoire » La politique de la peur s'alimente d'un service public fragilisé au nom des valeurs néo-libérales managériales qui privilégient la rentabilité gestionnaire sur les contenus et vulnérabilise le sens du travail des équipes.

* contre la réforme du traitement judiciaire de la délinquance des mineurs.

* contre la réforme de l'hospitalisation psychiatrique centrée sur l'enfermement et pour une réforme des soins psychiatriques qui intègre pleinement les avancées des dernières décennies, pour une gestion faisant une place centrale au parcours d'un sujet de droit et reconnaissant les personnels et les nécessités de formation.

Ce minage des dispositifs —notamment de soins avec la loi HPST dite loi Bachelot, de l'éducation avec les réformes Darcos et de la justice avec les lois Dati— produit une désertification d'un service public de qualité et de proximité à la hauteur des besoins sociaux, et entraîne des accidents qui sont imputés à la responsabilité individuelle d'agents des services. La souffrance au travail en est la conséquence directe.

Au delà de la dénonciation déjà affichée dans le texte « Nous refusons la politique de la peur » (et dans les pétitions et appels auxquels nous participons), nous affirmons que des solutions, des orientations, des pratiques pour le droit et la dignité, pour la liberté, la justice et l'égalité, existent et sont déjà à l'oeuvre, que nous nous efforcerons —y compris dans nos différences et nos divergences— de promouvoir publiquement et solidairement.

Nous appelons à des chantiers —locaux ou sectoriels— qui pourront établir des cahiers de doléance, qui mettront en valeur que le mouvement social et ses organisations disposent de réponses qui ont pour elle le mérite de respecter les principes démocratiques.

Nous n'avons pas prétention à l'exhaustivité et nous respectons et soutenons les mouvements et les luttes actuelles : Réseau Education sans frontière, luttes contre les réformes Darcos, lutte contre les lieux de rétention contre les sans abri et les sans papiers, luttes contre l'oeuvre de destruction du droit du travail, luttes contre les droits à la santé, lutte contre l'instrumentalisation de la psychiatrie.

Ces mouvements de contestation soulignent avec force qu'il s'agit bien de lutter ensemble sur tous les fronts ouverts par les attaques du gouvernement et du président de la république.

Nous souhaitons une coopération réciproque, un soutien mutuel et une unité dans une opposition déterminée.

Nous en appelons également aux élus évidemment concernés par les choix de société en cours et par les conséquences des politiques et lois dangereuses édictées actuellement.

Nous ne reculerons pas devant l'épreuve de salut public qui nous attend.

Nous appelons à la préparation d'états généraux des droits et des libertés en juin 2009.

Contact : cedep.paris@wanadoo.fr
​ 0 | 1 |
Commenter

Commenter

L'auteur de ce blog n'accepte que les commentaires d'utilisateurs inscrits.

Tu n'es pas identifié.Clique ici pour poster un commentaire en étant identifié avec ton compte Skyrock et un lien vers ton blog ainsi que ta photo seront automatiquement ajoutés à ton commentaire.

#Posté le dimanche 18 janvier 2009 15:28

Publicité
  • 1
  • 2
  • 3
  • Suivant
Skyrock.com
  • Skyrock

    • Annonceurs
    • Jobs
    • Contact
    • Sources
    • Poster sur mon blog
    • Développeurs
  • Infos

    • Sécurité
    • Conditions
    • Aide
    • Signaler un abus
    • En chiffres
  • Mobile

    • Ton mobile
    • iPhone
    • Android
    • BlackBerry
    • Nokia
    • Samsung Wave
    • Windows Phone
  • Pays

    • International (english)
    • France
    • Canada (français)
    • Belgique (français)
    • Maroc (français)
  • Autres sites

    • Skyrock.fm
    • Tasanté
    • kwest
    • Zipalo
  • Blogs

    • L'équipe Skyrock
    • Honneurs
    • Vidéos
    • Gadgets
    • Newsmusic
    • Thèmes